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L’étranger n’est pas ...
 

Titre : L’étranger n’est pas ...
Auteur : Zayn Al-‘Abidîn ‘Ali ibn Al-Hussayn
Categorie : Poèsie
Article lu 1173 fois
date d'ajout : 2005-02-11 08:02:55



Laysa Al-Gharib
Zayn Al-‘Abidîn ‘Ali ibn Al-Hussayn ibn ‘Ali ibn Abi Talib a dit dans son poème intitulé : « Laysa al-gharîb »

L’étranger n’est pas l’étranger du Cham ou du Yémen L’étranger est plutôt l’étranger de la tombe et du linceul

Certes l’étranger a un droit pour son étrangeté Sur les résidents des villes et des demeures

Ne repousse pas un étranger pour son étrangeté Le temps le repousse déjà par l’humiliation et les épreuves

Mon voyage est long et mes provisions ne me permettront pas d’atteindre ma destination Mes forces faiblissent et la mort me demande

Et j’ai encore des péchés que je ne connais pas Allah les connaît, qu’ils soient secrets ou publics

Comme Allah est clément envers moi de m’impartir un délai Et certes, j’ai persisté dans mon péché et Il me protège

Les heures de mes jours passent sans regrets Sans pleurs, ni peur, ni tristesse

Je suis celui qui ferme les portes en persistant Dans la désobéissance et l’œil d’Allah me regarde

O^ erreurs écrites dans l’insouciance désormais envolée O^ regrets qui restent dans le cœur qui me consume

Laisse-moi me lamenter sur moi-même et regretter Je passe mon temps dans le rappel et la tristesse

Garde tes excuses, toi qui m’évitais Si tu savais combien tu devrais t’excuser

Laisse-moi pleurer des larmes sans fin Y a-t-il une larme qui puisse me délivrer

Comme si je gisais parmi ces gens, Sur le lit, et que leurs mains me retournent

Et se sont réunis autour de moi celui qui se lamente Qui pleure sur moi, qui annonce mon décès et celui qui gémit

Ils sont venus avec un médecin pour me soigner Et je ne pense pas que la médecine me profitera aujourd’hui

Mon agonie s’intensifie et la mort m’entraîne De chaque veine, sans douceur et sans bonté

On a retiré mon âme dans son dernier souffle Et ma salive est devenue amère dans mon dernier râle

Ils m’ont fermé les yeux et sont tous partis Après le désespoir, ils ont fait l’effort d’acheter le linceul

Le meilleur d’entre eux s’est levé avec empressement Vers le laveur des morts afin de me laver

Et il a dit ô gens ! Nous voulons un laveur adroit Libre, sagace, intelligent, connaisseur, perspicace

Un homme parmi eux est venu et m’a dépouillé De mes vêtements, m’a mis à nu et m’a laissé

Ils m’ont allongé sur les feuilles Et au-dessus de moi, le murmure de l’eau qui me lave

Il versa de l’eau sur moi et me lava Par trois fois, puis demanda aux gens qu’on lui apporte le linceul

Ils m’ont habillé d’un vêtement sans manche Et lorsqu’il m’a embaumé, je n’avais plus que cela pour moi

Ils m’ont sorti de ce bas-monde – désolé D’être parti sans provisions qui me permettent d’atteindre ma destination

M’ont porté sur leurs épaules quatre Parmi les hommes et derrière moi le convoi funéraire

Ils m’ont amené au mihrab et se sont mis Derrière l’imam qui a prié puis m’a fait ses adieux

Ils ont accompli sur moi une prière sans ruku’ Ni sujud, en espérant qu’Allah me fera miséricorde

Ils m’ont descendu doucement dans ma tombe Et l’un d’entre eux s’est avancé pour m’y déposer

Il a dévoilé mon visage pour me voir Et les larmes coulèrent de ses yeux et me noyèrent

Puis se leva avec respect et résolution Et aligna les briques au-dessus de moi et me laissa

Et il dit : couvrez-le de terre et profitez De la meilleure récompense du Miséricordieux qui possède tous les bienfaits

Dans les ténèbres de la tombe, pas de mère Ni de père tendre, ni de frère qui me tienne compagnie

J’ai été effrayé par ce que mon œil a vu De l’horreur de ce qui m’arrivait

De ce que je vais dire à Mounkir et Nakir Certes cela m a terrifié et épouvanté

Ils m’assoirent et s’acharnèrent dans leur interrogation Je n’ai personne d’autre que Toi, mon Dieu, qui puisse me libérer

Accorde-moi un pardon de Toi, ô! mon espoir Je suis ligoté par le péché, endetté

En revenant, les proches se sont partagés mes biens Mon fardeau est posé sur mon dos et pèse sur moi

Mon épouse a pris un autre mari à ma place Et lui a donné le contrôle des biens et de la maison

Elle a fait de mon fils un esclave afin qu’il la serve Et mes biens leur ont été donnés sans contre-partie

Ne sois donc pas trompé par la vie d’ici-bas et sa parure Et regarde ce qu’elle fait à la famille et au foyer

Regarde celui qui veut tout de ce bas-monde Ne le quitte-t-il pas avec son seul baume et un linceul ?

Prends ce qui te suffit de cette vie et contente-toi de cela Même si tu n’as pour toi que la santé

O^ toi qui sème le bien ! Récoltes-en les fruits O^ toi qui sème le mal ! Tu ne reposes sur rien

O^ âme ! Arrête la désobéissance et tire profit D’une bonne oeuvre en espérant qu’Allah me fera miséricorde

O^ âme ! Malheur à toi, repends toi et fait une bonne oeuvre Afin que tu sois récompensée après la mort par un bien

Et que les prières soient sur notre maître Sur tout ce que l’éclair illumine au Cham et au Yémen

Et la louange est à Allah qui nous fait atteindre le soir et le matin Dans le bien, le pardon, la bienfaisance et les faveurs


 
 
 
 
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